>> ARCHIVESNovembre à l’ACTÉE-THÉÂTRE

> GRAND-PEUR ET MISÈRE DU IIIe REICH
La Délation / La Femme juive / Le Mouchard
de Bertolt BRECHT
par La Compagnie des Transports

Jeudi 15 et Vendredi 16 novembre 2007 à 20h 30

Mise en scène : François Rodinson
Avec : Marion Aeschlimann, Jean-Thomas Bouillaguet, David Renaudin, Émeline Touron
Lumières : Matthieu Ferry
Son et vidéo : Jean-Guillaume Legrand
Costumes : Barbara Van Dyck

Coproduction Compagnie des Transports, Actée Théâtre.

« Un train sillonne la nuit. Il vient du passé. D’où vient-il ? Où va-t-il ? Une locomotive à vapeur allemande envoie des signaux de fumée. Des wagons à bestiaux, un train fantôme où gémissent nos cauchemars. Et, derrière la porte du fond, M. Le Pen éructe : « Sale pédé, va ! Je n’oublierai pas. Je n’oublierai pas ». Un enfant déjà vieux fait régner la terreur. C’est “Le Mouchard”, un enfant roi qui « s’éclate ». Il joue à pourchasser des fuyards qu’il abat d’une balle dans la tête sur un écran vidéo.
Le train siffle et freine dans un grincement glaçant. Il s’arrête trois fois. Trois gares : Breslau pour La Délation, Francfort pour La Femme juive, Cologne pour Le Mouchard. De violents orages déchirent la nuit. C’est la nuit dans le monde et dans nos têtes ; dans ce théâtre de la terreur, hier, aujourd’hui et demain se télescopent, s’interrogent et se répondent. »

Grand-peur et misère, au pied de la lettre. Contes modernes terrifiants. Ici et maintenant, toujours. On ne joue pas les années 30, donc. Ce n’est pas là que l’on place la « distance ». Des vêtements au présent, tout simplement. L’humain est le sujet autant que la matière du travail. Feu de tout bois. De la fable à l’incarnation, de la narration à la ruse. Il y a beau temps que le théâtre « bourgeois » et naturaliste n’est plus celui contre lequel devait se battre Brecht. Dans le théâtre archi confortable de notre occident d’aujourd’hui, d’autres masques, d’autres enjeux sont à l’oeuvre. Et le grand théâtre populaire de l’écran omniscient a considérablement changé la donne.

L’émotion n’est pas interdite. C’est l’émotion complaisamment lacrymale qui « dégoûtait » Brecht. Qui n’a pas frissonné en écoutant chanter Jenny-des-Pirates. Le rêve aussi, bien sûr, l’inconscient, les obsessions. Contre toute orthodoxie, tous les moyens d’un théâtre pauvre sont bons. Des éclairs strient les ténèbres. La terreur s’empare du coeur des hommes. La raison vacille. Les êtres s’abîment et sombrent. L’éternité de la peur est toujours mauvaise conseillère. Il n’est pcut4trc pas vain de le dire et de le redire.

Enfant, avant de m’endormir j’évoquais les plus terribles monstres pour éviter qu’ils m’apparaissent durant la nuit. Alors, je plonge dans la nuit du théâtre en me disant que, traitant les plus grandes peurs d’adultes, on pourra peut-être, un tout petit peu, contribuer à faire rempart aux toujours renaissantes bêtes immondes. Nos armes sont des bouts de ficelle et de petites lumières dans la nuit. Même si ce n’est pas grand-chose, il n’est pas dit qu’il faille baisser les bras.
François Rodinson.


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