>> ARCHIVESDécembre à l’ACTÉE-THÉÂTRE : 2 spectacles

> CŒUR LÉGER, CŒUR CHANGEANT, CŒUR LOURD
« Délecte poétique »

Avec Jeanine Védrenne et Henri Dégoutin

Dimanche 9 décembre à 17 h

Le Dimanche 9 décembre à 17 heures, L’Actée-Théâtre propose une agréable plongée dans la Poésie Française avec le récital poétique « Cœur léger, cœur changeant, cœur lourd » donné par une figure du théâtre lorrain, Henri Dégoutin, accompagné de son égérie, Jeanine Védrenne.
Un voyage, de Clément Marot à Yves Bonnefoy, en passant par Baudelaire ou Aragon, une trentaine de poèmes en tout.
Henri se définit « comme un amoureux de la langue française et entend la défendre envers et contre tout. » Avec Jeanine, il nous fait l’amitié de venir la défendre à l’Actée-Théâtre pour notre plaisir. Deux interprètes, mais un seul cœur (énorme) pour défendre et illustrer la poésie.

Cette « Délecte » (délicieuse lecture) porte bien son nom : quel plaisir de retrouver « Le Dormeur du val », « Le Pont Mirabeau », « Mignonne, allons voir si la rose » », « Pour faire le portrait d’un oiseau », et bien d’autres…, dits par des comédiens si talentueux !
Amoureux de la langue française, ne manquez pas cette « délecte poétique », le premier des trois rendez-vous dominicaux que l’Actée-Théâtre propose cette saison.

Tarif unique, hors abonnement : 5 €

>>>>> Renseignements et réservations (indispensable!)  : 03 82 24 58 41 ou actee-theatre@orange.fr <<<<<

 

> LA RÉVOLTE de Villiers de L’Isle-Adam
suivie de VIEUX MÉNAGES d’Octave Mirbeau

par la Compagnie La Strada

Vendredi 21 et Samedi 22 décembre à 20h 30

Mise en scène : Jean-Luc Debattice
Scénographie : William Noblet
Musique : Nathalie Fortin
Costumes : Aurélie Ducuing
Masques : Pascale Blaison
Lumières : Matthieu Velut

Avec
Catherine Toussaint
Emmanuelle Barbier
François Cancelli

 

 

Un lien tenace unit Villiers de l’Isle-Adam et Octave Mirbeau pourtant associés à des mouvements littéraires opposés (symbolisme et naturalisme), c’est la cruauté. Tous deux témoignent d’une même virulence dans la critique sociale de leur époque et dans l’éclairage impitoyable qu’ils portent sur le matérialisme et l’idéologie capitaliste à l’aube industrielle.

La Révolte (Villiers de l’Isle-Adam)

La révolte mérite doublement son titre :  

Nous sommes chez des banquiers. L'homme, autoritaire, nourri de principes et tout entier voué au profit, se félicite d'avoir fait de sa femme un petit modèle de machine à calculer et une poupée pleine de vertus.
Mais voilà que celle-ci, sans qu'on s'y attende, dans une fulgurante prise de conscience, dresse un terrible constat d'échec, fait ses comptes, dépose son bilan et annonce à son mari qu'elle s'en va, qu'elle veut rompre avec cette vie fondée exclusivement sur la réussite sociale et les lois du matérialisme .
Les rappels au devoir de mère ne pourront rien changer. Ce n'est pas non plus le désir d'une aventure qui la pousse à une telle détermination. Alors quoi ? Vivre seule ? Mais où ? Qu'importe ! Elle a tout prévu, un fiacre l'attend, au beau milieu de la nuit, elle disparaît …

La pièce a été représentée en 1870. Elle a été retirée de l'affiche après 5 représentations parce qu'elle faisait offense à la morale bourgeoise. En effet, s'y dessine déjà, à travers son titre et sa fable sociale, tout un contexte politique qui aboutira aux événements de la Commune.

Une chanson d’Eugène Pottier, contemporaine de ces événements se fera en contrepoint du huis clos, et sur fond de canonnades, l’écho de la rue et de la situation dégradante d’un peuple trahi par la lâcheté de ses dirigeants.

Vieux Ménages (Octave Mirbeau)

La seconde pièce, " Vieux ménages ", d'Octave Mirbeau, n'aurait aucun lien avec la précédente, sinon que l'on pourrait imaginer le même couple, vingt-cinq ans plus tard, à l'heure de la retraite.
Elle, malade, bouffie et percluse de rhumatismes, acariâtre et tyrannique, mène son petit monde à la baguette.
Lui, svelte et encore bel homme, amateur de bonne chair et de cigares, bien qu'il s'en défende, est encore capable de "tirer sur tout ce qui bouge".
D'ailleurs des bruits courent qu'il aurait été vu en compagnie de jeunes femmes peu respectables, des "pierreuses".
Jalouse, ayant peur de perdre son mari, mais surtout craignant le scandale qui pourrait affecter la respectabilité et l'honneur de la famille , elle serait prête à le pousser dans les bras de leur jolie voisine, jeune femme divorcée mais discrète et dont la condition sociale est sans reproche.
Perpétuellement agacé par les plaintes, les récriminations et les chimères de son épouse, il crache une ultime et dédaigneuse bouffée de son cigare et l'abandonne…

Cette pièce fut jouée pour la première fois en 1894, année de l'attentat d'Emile Henry et de l'assassinat de Sadi Carnot par Caserio. Le portrait féroce qu'Octave Mirbeau y dresse des comportements de la société bourgeoise, nous rappelle ses sympathies pour les idées anarchistes.

Une dernière chanson, terriblement grinçante, datant de la même année que la représentation de la pièce en 1894 achèvera le tableau sur l’air de Tu t’en iras les pieds devant de Maurice Boukay.

Renseignements et réservations (indispensable!)  : 03 82 24 58 41
ou actee-theatre@orange.fr


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